ENFANT, ENFANCE
Lettre Automne-Hiver 2025-2026
Gisèle Borie et Caroline Rosain Montet avec l’équipe de Lire Jung au Gerpa
Enfant, enfance
Pour commencer l’année 2026, la Lettre de Lire Jung au Gerpa est consacrée à l’enfant. Que l’on se souvienne : l’étymologie d’enfant/Infans est « celui qui ne parle pas » puisqu’il n’est pas encore capable de s’exprimer avec le langage. Et pourtant combien l’enfant « parle ». Au-delà d’un être en construction, et dans une évolution constante et lente, il exprime le devenir, tant aux plans du corps que du psychisme. Loin d’être un adulte en miniature, l’enfant est pleinement une vitalité à part entière. Son mutisme interroge nos certitudes.
Mais de quel enfant parle-t-on ? L’enfant est dans les espaces qui ne cessent de se croiser entre le physique, le réel, l’imaginaire et l’inconscient.
Dans Ma vie, Jung se souvient d’images de son enfance : « Je suis étendu dans une voiture d’enfant à l’ombre d’un arbre; dans une haute chaise d’enfant ; je bois à la cuillère du lait chaud où trempent des miettes de pain » (p. 20). Plus loin, (p. 28) « En fait, tout enfant a peur de l’“homme noir” et là n’était pas l’essentiel de cette expérience ». Ses rêves d’enfants et son développement d’enfant ont « anticipé » sa vie dans toutes ses facettes, et ont particulièrement fondé ses recherches.
Pour approcher l’enfant, Jung a sondé les mythes, regardé ses proches, accompagné des patients.
Mais de quel enfant a-t-il parlé ? L’enfant réel, l’enfant intérieur, l’enfant imaginaire ?


