VOYAGER AVEC JUNG
Lettre Printemps-Été 2026
Gisèle Borie et l’équipe de Lire Jung au Gerpa
Voyager avec Jung
Cette lettre d’été 2026 propose de suivre Jung dans ses voyages, de l’accompagner dans sa découverte de pays mais aussi, de naviguer dans son espace intérieur auxquels ses écrits nous donnent accès. Car pour lui, voyages extérieurs et voyages intérieurs se répondent en écho.
Des tribulations qui ont donné lieu à de multiples réflexions, mais aussi quelques turbulences.
Si on peut le suivre au Kenya (en 1925), impossible de l’accompagner à Rome où l’idée de s’y rendre (1949), a déclenché en lui une émotion telle qu’il eut une syncope. Cet endroit est trop chargé d’histoire, dit-il, pour s’y rendre comme un simple touriste : « En 1949, déjà dans un âge avancé, quand j’ai voulu rattraper ce que j’avais négligé, j’eus une syncope en prenant mon billet. Et le plan d’un voyage à Rome fut classé une fois pour toutes. » (Ma vie, p. 330). Freud, lui, a fini par s’y rendre (en 1901), et plus d’une vingtaine de fois ensuite (cf. Philippe Sollers, « Freud s’échappe »).
Le voyage soulève toujours quelques inquiétudes, car l’imprévu ne tarde pas à s’y manifester. Si Jung appréciait volontiers de partir, Freud en revanche, avait la phobie des voyages, et en particulier des trains. Qu’il soit question de rêve, ou d’archéologie – leur passion commune – leurs interprétations les ont souvent menés vers des enjeux divergents. Des enjeux très personnels au point que le corps prenne le pas sur l’idée. Et certains sujets provoquèrent quelques malaises : Freud eut deux syncopes en présence de Jung, en allant aux USA en 1909, et à Brême en 1912. Fouiller le passé, fouiller son passé, fouiller l’inconscient est une expérience vivante.


